Burn-out : quels sont les signes et que faire dans cette situation ?
Dernière mise à jour : 7 oct.
Fatigue qui ne passe plus vraiment, difficultés à se concentrer, perte de motivation, boule au ventre à l’idée d’aller travailler… Quand le travail prend toute la place et qu’on ne récupère plus comme avant, on peut se demander : est-ce que je suis en train de faire un burn-out ?
Le burn-out, ou épuisement professionnel, ne se résume pas à être fatigué ou à traverser une période de stress. Il s’installe souvent progressivement, parfois sans qu’on réalise tout de suite qu’on est en train de s’épuiser.
Alors, quels sont les signes qui doivent alerter, comment les reconnaître et, surtout, que faire quand on se sent dépassé ?
Sommaire
Qu’est-ce que le burn-out et comment s’installe-t-il ?
Une période difficile au travail, un gros coup de fatigue ou quelques semaines sous pression ne signifient pas forcément que vous êtes en burn-out. C’est lorsque le stress s’installe dans la durée et que vos ressources ne suffisent plus à y faire face que la situation devient préoccupante.
Quand le stress au travail finit par vous épuiser
Le burn-out, ou syndrome d’épuisement professionnel, est lié à un stress chronique au travail qui finit par épuiser vos ressources. Autrement dit, vous avez de plus en plus de mal à récupérer et à faire face à ce que votre travail vous demande.
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) décrit le burn-out à travers trois dimensions :
un sentiment d’épuisement,
une prise de distance croissante avec le travail (parfois accompagnée de négativisme ou de cynisme)
et une diminution du sentiment d’efficacité professionnelle.
Il résulte d’un stress professionnel chronique qui n’a pas été géré avec succès et qui est considéré par l’OMS comme un phénomène lié au travail.
Mais ses répercussions ne s’arrêtent pas forcément à la porte de l’entreprise : elles peuvent aussi affecter votre santé physique et psychique, vos relations et votre vie quotidienne.
Le burn-out ne commence pas du jour au lendemain
Vous pouvez continuer à travailler pendant longtemps sans réaliser que vous êtes en train de vous épuiser.
Vous dormez moins bien, vous récupérez moins facilement, certaines tâches vous demandent davantage d’efforts… mais vous continuez. Vous vous adaptez, vous prenez sur vous et vous puisez progressivement dans vos ressources.
C’est aussi pour cette raison que le burn-out peut être difficile à repérer au début.
Chez vous, ce sera peut-être d’abord une fatigue qui ne passe plus.
Chez quelqu’un d’autre, ce seront plutôt l’irritabilité, la perte de motivation, le sentiment de ne plus être à la hauteur ou l’envie de prendre ses distances avec son travail.
Et si vous vous reconnaissez dans cette situation, n'en déduisez pas que vous avez juste « mal géré votre stress ». Le burn-out ne dépend pas uniquement d'une fragilité individuelle.
Pour comprendre ce qui vous arrive, il faut donc regarder ce que vous ressentez, mais aussi ce qui se passe concrètement dans votre travail.
Quels sont les signes d’un burn-out ?
Il n’existe pas un signal unique pour reconnaître un burn-out.
C’est plutôt un ensemble de changements qui s’installent et finissent par affecter votre façon de travailler, ainsi que votre état physique et psychologique.
Certains sont assez faciles à identifier. D’autres peuvent passer inaperçus pendant longtemps, surtout lorsque vous continuez à travailler malgré l’épuisement.
Vous avez l'impression d'être toujours fatigué

Vous êtes fatigué en rentrant du travail, mais aussi le matin au réveil. Les week-ends ne vous suffisent plus pour récupérer et vous avez l’impression de commencer chaque nouvelle semaine avec des batteries déjà presque vides.
Cette fatigue peut devenir physique, émotionnelle et mentale.
Des choses que vous faisiez auparavant sans difficulté vous demandent davantage d’efforts et vous avez parfois le sentiment de devoir puiser dans vos dernières réserves simplement pour continuer à assurer votre quotidien.
C’est souvent cette difficulté à récupérer qui permet de faire la différence avec un simple coup de fatigue.
Vous avez du mal à rester concentré
Vous relisez plusieurs fois le même mail, oubliez ce que vous étiez venu chercher, perdez le fil d’une conversation ou mettez beaucoup plus de temps à prendre une décision qui vous aurait auparavant semblé simple.
Ces difficultés de concentration, de mémoire ou de prise de décision font partie des manifestations possibles de l’épuisement professionnel.
Elles peuvent être particulièrement déstabilisantes si vous avez toujours été efficace dans votre travail.
Vous pouvez alors commencer à douter de vos capacités ou avoir l’impression de ne plus être « à la hauteur », alors que vous êtes surtout arrivé à un niveau d’épuisement qui rend plus difficile la mobilisation de vos ressources habituelles.
Votre rapport au travail a changé
Un travail dans lequel vous étiez auparavant investi peut progressivement devenir une source d’agacement, d’anxiété ou de découragement. Vous perdez votre motivation, vous vous sentez de plus en plus détaché de ce que vous faites ou vous avez le sentiment que vos efforts ne servent plus à rien.
Chez certaines personnes, ce changement se traduit aussi par davantage d’irritabilité, une attitude plus négative ou cynique, l’envie de s’isoler ou simplement le besoin de mettre de la distance avec le travail et avec les autres.
Ce changement est parfois difficile à comprendre : vous ne vous reconnaissez plus dans votre manière de réagir et vous vous demandez pourquoi un travail que vous arriviez auparavant à gérer est devenu aussi difficile à supporter.
Votre corps aussi peut vous alerter
L’épuisement professionnel ne se manifeste pas uniquement dans votre tête.

Troubles du sommeil, tensions ou douleurs musculaires, maux de tête, troubles digestifs ou encore palpitations peuvent accompagner une période de stress professionnel chronique.
Ces manifestations peuvent toutefois avoir de nombreuses causes. Leur présence seule ne permet donc pas de conclure que vous êtes en épuisement professionnel et certaines peuvent nécessiter un avis médical.
Et si c’était une dépression ?
C’est probablement la distinction qui mérite le plus de prudence.
Fatigue, troubles du sommeil, difficultés de concentration, perte de motivation ou sentiment de ne plus y arriver peuvent se retrouver aussi bien dans le burn-out que dans la dépression.
Le burn-out est, par définition, lié au contexte professionnel. La dépression, elle, ne se limite pas au travail et peut affecter l’ensemble des sphères de votre vie. Mais dans la réalité, la frontière n’est pas toujours aussi nette : un épuisement professionnel peut finir par avoir des conséquences bien au-delà du travail, et burn-out et dépression peuvent également être associés.
Vous n’avez pas besoin de cocher une liste précise de symptômes pour que votre situation mérite d’être prise au sérieux. Ce qui doit attirer votre attention, c’est l’accumulation de ces changements, leur persistance, leur intensité et leur impact sur votre travail ou votre vie quotidienne.
Si vous vous reconnaissez dans plusieurs de ces signes, il peut être utile d’en parler avec un professionnel pour comprendre ce qui se passe réellement.
Vous pensez être en burn-out ?
Notre questionnaire d’auto-évaluation vous permet de faire le point sur votre situation professionnelle et de repérer certains signaux d’alerte.
Ce questionnaire est gratuit, confidentiel et ne nécessite aucune inscription.
Ce questionnaire ne permet pas de poser un diagnostic de burn-out et ne remplace pas l’évaluation d’un professionnel.
Je pense être en burn-out : que faire ?
Lorsque vous sentez que vous n’arrivez plus à récupérer ou que votre travail commence à avoir des conséquences sur votre santé, n’attendez pas d’être arrivé à bout pour agir. Plus la situation est prise en compte tôt, plus il est possible de comprendre ce qui vous épuise et de mettre en place des solutions adaptées.
Parlez-en à un professionnel de santé
Votre médecin traitant peut être un premier interlocuteur. Il pourra faire le point sur votre état de santé, rechercher d’autres causes possibles à vos symptômes et évaluer la nécessité d’une prise en charge ou d’un arrêt de travail.
Vous pouvez également contacter le médecin du travail, sans avoir besoin de demander à votre employeur. Son rôle est particulièrement important lorsque vos difficultés sont liées à vos conditions de travail : il peut évaluer votre situation professionnelle et proposer, lorsque cela est nécessaire, des aménagements ou des adaptations de votre poste.
N'attendez pas de ne plus être capable de vous lever pour aller travailler pour consulter.
La dégradation de votre sommeil, de votre état psychologique ou de votre capacité à travailler constitue une raison suffisante pour demander de l’aide.
Un arrêt de travail peut parfois être nécessaire
Lorsque vous êtes exposé chaque jour à ce qui vous épuise, continuer coûte que coûte peut rendre la récupération très difficile.
Un arrêt de travail peut alors être nécessaire pour vous mettre temporairement à distance de la situation professionnelle, récupérer et commencer à prendre en charge votre état de santé. Sa nécessité et sa durée doivent être évaluées par un médecin.
Mais l’arrêt, à lui seul, ne règle pas forcément la situation qui vous a conduit au burn-out. Si rien ne change dans votre environnement ou vos conditions de travail, la question risque de se poser à nouveau au moment de reprendre.
Un accompagnement psychologique peut vous aider
Se remettre d’un burn-out ne se résume pas à dormir davantage ou à apprendre quelques techniques pour « mieux gérer son stress ».
Un accompagnement psychologique peut vous aider à mettre des mots sur ce que vous avez vécu, comprendre les mécanismes qui ont conduit à l’épuisement et retrouver progressivement les ressources pour le surmonter.
Selon votre situation, cet accompagnement peut se faire avec un psychologue et, lorsqu’une prise en charge médicale spécialisée est nécessaire, avec un psychiatre.
Votre travail commence à avoir des conséquences sur votre santé ?
Échangez en toute confidentialité avec le Dr Jean-Sébastien Colombani, psychologue du travail, pour faire le point sur ce que vous traversez, mieux comprendre ce qui vous a conduit à cette situation et réfléchir aux solutions adaptées à votre contexte professionnel.
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C’est également l’occasion de réfléchir à la suite : ce que vous pouvez modifier de votre côté, mais aussi ce qui devra éventuellement changer dans votre travail pour éviter de vous retrouver dans la même situation.
Rappelez-vous que tout ne repose pas sur vous Quand on s’épuise au travail, les conseils arrivent parfois vite : apprendre à lâcher prise, mieux s’organiser, déconnecter le soir, faire du sport, poser davantage ses limites… Certaines solutions peuvent vous aider à retrouver un meilleur équilibre. Mais si vos conditions de travail restent une source d’épuisement, agir uniquement sur vous-même ne suffira pas : une charge excessive, un manque de moyens, des objectifs irréalistes, des relations difficiles ou un conflit avec vos valeurs nécessitent aussi d’agir sur la situation de travail.
Pourquoi fait-on un burn-out ?
Il est tentant de chercher une cause unique au burn-out : trop de travail, un manager difficile, une personnalité perfectionniste… Dans la réalité, l’épuisement professionnel résulte généralement de plusieurs facteurs qui se combinent et s’installent dans la durée.
Quand le travail en demande trop
Une période intense n’entraîne pas nécessairement un burn-out. Vous pouvez assumer une charge de travail importante si vous disposez en parallèle de suffisamment de temps, d’autonomie, de soutien et de moyens pour réaliser votre travail correctement.
Les difficultés apparaissent lorsque cet équilibre se dégrade durablement. Vous devez en faire davantage sans avoir les moyens nécessaires, gérer des situations émotionnellement difficiles sans soutien suffisant, répondre à des demandes contradictoires ou continuer à travailler d’une manière qui ne correspond plus à vos valeurs.
C’est ce déséquilibre entre ce que votre travail exige de vous et les ressources dont vous disposez pour y répondre qui peut progressivement favoriser l’épuisement.
Les recherches sur les risques psychosociaux permettent ainsi d’identifier plusieurs grandes familles de facteurs liés au travail :
l’intensité et le temps de travail,
les exigences émotionnelles,
le manque d’autonomie,
les rapports sociaux dégradés,
les conflits de valeurs
et l’insécurité de la situation de travail.
C’est l'intensité de ces facteurs, leur accumulation, leur durée et la possibilité (ou non) d’y faire face qui peuvent vous conduire au burn-out.
Certaines personnes sont-elles plus à risque de burn-out ?
On associe parfois le burn-out aux personnes très investies, perfectionnistes ou incapables de dire non.
Certaines caractéristiques personnelles peuvent effectivement influencer votre façon de réagir aux contraintes professionnelles ou vous conduire à mobiliser davantage vos ressources.
Mais elles ne suffisent pas à expliquer, à elles seules, pourquoi vous vous épuisez.
Vous pouvez être très consciencieux dans un environnement de travail qui vous permet de bien faire votre métier sans forcément vous épuiser.
À l’inverse, une organisation qui impose durablement des contraintes importantes avec trop peu de ressources peut mettre en difficulté des personnes aux profils très différents.
Chercher les causes d’un burn-out, ce n’est donc pas seulement se demander « qu’est-ce qui ne va pas chez moi ? », mais plutôt comprendre ce qui, dans votre façon de travailler et dans vos conditions de travail, a progressivement contribué à votre épuisement.
Peut-on se remettre d’un burn-out ?
Oui, il est possible de se remettre d’un burn-out. Mais tout le monde ne s'en remet pas aussi vite.
Cela dépend de l’importance de l’épuisement, de ses conséquences sur votre santé, des difficultés associées, mais aussi de votre situation professionnelle et de la possibilité d’agir sur ce qui a contribué à votre épuisement.
La récupération n’est d’ailleurs pas toujours linéaire. Vous pouvez vous sentir mieux pendant quelque temps, puis constater que certaines situations vous demandent encore beaucoup d’énergie.
Cela ne signifie pas nécessairement que vous revenez au point de départ : retrouver un équilibre sur le long terme peut prendre du temps.
Reprendre le travail, mais pas forcément comme avant
Après un burn-out, le retour au travail est une étape importante qui mérite d’être préparée, surtout après un arrêt prolongé.
Si vous en ressentez le besoin, le médecin du travail peut participer à cette préparation et discuter avec vous des conditions d’une reprise adaptée. Une visite de pré-reprise peut notamment permettre d’anticiper certaines difficultés et de réfléchir à des aménagements avant votre retour.
Selon votre situation, cela peut passer par une reprise progressive, une adaptation de votre charge ou de vos horaires, une modification de certaines missions ou encore une réflexion plus large sur votre organisation et vos conditions de travail.
Le but n’est pas seulement de vous permettre de reprendre votre poste. Il est aussi d’éviter de vous exposer à nouveau aux mêmes facteurs sans que rien ait changé.
Et si c’était votre travail qui devait changer ?
Après un burn-out, retrouver un équilibre ne signifie pas forcément que tout peut reprendre comme avant.
Il faut aussi regarder ce qui s’est passé du côté du travail.
La charge était-elle devenue trop importante ? Vos objectifs étaient-ils réalistes ? Les moyens suffisants ? Disposiez-vous d’une autonomie suffisante ? Pouviez-vous compter sur votre équipe ou votre responsable en cas de difficultés ?
L'objectif n'est pas de désigner un coupable, mais de comprendre ce qui a pu contribuer à l’épuisement pour éviter que la même situation se reproduise.
Car lorsqu’un salarié fait un burn-out, une autre question mérite d’être posée :
Qu’est-ce qui, dans le travail, a contribué à cette situation et pourrait demain mettre d’autres personnes en difficulté ?
C’est tout l’enjeu de la prévention des risques psychosociaux : ne pas attendre que quelqu’un ne tienne plus avant d'intervenir, mais identifier les facteurs de risque suffisamment tôt pour pouvoir agir sur l’organisation et les conditions de travail.
Former les managers à repérer les situations à risque, analyser la charge de travail, améliorer les espaces de discussion, agir sur les relations professionnelles ou encore intégrer ces questions dans une démarche de QVCT permet de privilégier la prévention pour limiter les risques.
FAQ burn-out et épuisement professionnel
Comment savoir si je suis vraiment en burn-out ?
Il n’existe pas un symptôme ou un test permettant, à lui seul, de confirmer un burn-out. C’est plutôt l’association de plusieurs signes (épuisement persistant, difficultés de concentration, détachement vis-à-vis du travail, perte d’efficacité ou manifestations physiques) et leur lien avec votre situation professionnelle qui doivent vous alerter. Si ces difficultés persistent ou affectent votre quotidien, parlez-en à un professionnel de santé.
Quelle est la différence entre un burn-out et une dépression ?
Le burn-out est directement lié au contexte professionnel, tandis que la dépression peut toucher l’ensemble des domaines de votre vie. La distinction n’est pourtant pas toujours aussi simple : un burn-out peut avoir des répercussions bien au-delà du travail et les deux situations peuvent également être associées. En cas de doute, une évaluation par un professionnel de santé permet de mieux comprendre ce que vous traversez.
Qui consulter quand on pense faire un burn-out ?
Votre médecin traitant peut être votre premier interlocuteur pour évaluer votre état de santé et déterminer la prise en charge nécessaire. Vous pouvez également contacter le médecin du travail lorsque vos difficultés sont liées à votre activité professionnelle. Un psychologue peut vous accompagner pour comprendre ce qui a conduit à l’épuisement et travailler sur la suite. Selon la situation, une prise en charge par un psychiatre peut également être nécessaire.
Combien de temps faut-il pour se remettre d'un burn-out ?
Il n’existe pas de durée standard. La récupération dépend notamment de l’importance de l’épuisement, de ses conséquences sur votre santé et de votre situation professionnelle. Elle peut prendre du temps et n’est pas toujours linéaire. L’enjeu n’est donc pas de récupérer le plus vite possible, mais de retrouver un équilibre suffisamment durable et, lorsque c’est nécessaire, d’agir sur les facteurs professionnels qui ont contribué à l’épuisement.
Peut-on continuer à travailler quand on est en burn-out ?
Cela dépend de votre état de santé et de votre situation. Dans certains cas, un arrêt de travail peut être nécessaire pour vous éloigner temporairement de ce qui entretient l’épuisement et commencer à récupérer. Dans d’autres situations, des adaptations du travail peuvent être envisagées. Cette décision doit être évaluée avec un médecin plutôt que prise uniquement sur la base d’un autodiagnostic.
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